Une autre manière d’avancer

On nous demande souvent : « Qu’est-ce que tu veux faire dans la vie ? » Mais si la vraie question était plutôt : « Qu’est-ce qui te met en joie ? »

Pas la joie tapageuse des réseaux sociaux. Pas l’excitation fugace d’une réussite ou d’un achat. Mais cette joie fine, durable, douce et vibrante. Celle qui surgit sans bruit quand on se sent à sa place, pleinement vivant·e, connecté·e à soi, aux autres, au monde.

Et si cette sensation était un guide ? Une boussole intérieure, aussi naturelle que puissante, mais qu’on a souvent oubliée d’écouter.


Ce que disent les sciences de la joie

Dans le champ des sciences affectives, la joie est classée parmi les émotions positives, mais elle se distingue du simple plaisir ou de l’euphorie. Elle a une fonction adaptative et évolutive, démontrée par de nombreuses recherches en psychologie, neurosciences, médecine et même en biologie comportementale.

Paul Ekman, psychologue américain et spécialiste des expressions faciales, la décrit comme une émotion fondamentale, reconnaissable universellement. Elle entraine un relâchement musculaire, un sourire spontanné, une respiration plus ample, une activation du système parasympathique, un abaissement du cortisol et une libération d’endorphines. Autrement dit : elle nous fait du bien à tous les niveaux.

Barbara Fredrickson, à travers sa théorie du « Broaden-and-Build », montre que la joie n’est pas un simple agrément : elle élargit notre champ de perception, stimule notre créativité, augmente nos capacités cognitives et relationnelles. Elle construit littéralement des ressources internes durables.

En neurosciences, des études du chercheur Richard Davidson ont montré que les personnes qui ressentent régulièrement de la joie activent davantage leur cortex préfrontal gauche, région du cerveau liée à la motivation, à l’engagement et à la régulation des émotions.

La joie, loin d’être futile, est donc un état qui renforce notre santé physique, notre équilibre émotionnel, notre efficacité relationnelle, et notre ancrage dans le monde. Elle est, pour reprendre les mots de Spinoza, un « passage à une perfection plus grande ».


Une émotion universelle et partagée

La joie traverse les cultures, les âges… et même les espèces. Elle n’appartient pas qu’à l’humain.

Les travaux en éthologie ont montré que la joie se manifeste aussi chez de nombreux mammifères, oiseaux, voire poissons. Les jeunes rats émettent des ultrasons joyeux lorsqu’ils jouent. Les chimpanzés rient, les dauphins jouent ensemble sans but utilitaire, les corbeaux glissent sur la neige comme pour le plaisir du mouvement. Les chiens bondissent, les chevaux s’ébrouent, les éléphants dansent.

La joie est donc un langage du vivant. Un signal de sécurité, de lien, de bien-être partagé. Une manière de dire : « je suis libre », « je suis en lien », « je suis vivant ».

Universellement, les humains savent reconnaître la joie dans un visage, une posture, un mouvement. Cela suggère que la joie est aussi une émotion sociale, contagieuse, régulatrice. Elle nous relie, même sans langage. Même entre espèces. Elle est peut-être un fond commun de confiance du vivant.


Pourquoi est-ce si difficile de la suivre ?

Parce que notre société valorise la performance, la rentabilité, la maîtrise. Parce qu’on a appris à faire ce qu’il faut, pas ce qui nous met en vie. Parce qu’on confond souvent confort et joie.

Et parce que la joie demande de l’écoute. De ralentir. De faire un peu de place au silence, à l’inattendu, à la sensation.

Suivre la joie, c’est parfois dire non à ce qui est attendu. C’est réapprendre à faire confiance à ce qui vibre. C’est sortir du mental pour laisser le corps et l’élan guider.

C’est un apprentissage. Et c’est un courage.


La joie comme boussole quotidienne

On peut faire de la joie un outil de discernement simple mais puissant. Avant une décision, une activité, une rencontre, on peut se demander :

  • Est-ce que cela m’ouvre ou me contracte ?
  • Est-ce que je ressens un élan, une curiosité, un plaisir calme ?
  • Est-ce que je me sens plus vivant·e en pensant à cette option ?

Ces questions, le corps y répond souvent bien avant la tête. Et si l’on faisait confiance à cette forme de sagesse, aussi sensible qu’essentielle ?


À La ReSourceRie, la joie est un cap

Chaque soin, chaque atelier, chaque retraite est né d’un élan sincère. Ici, on ne fait pas les choses parce qu’il faut. On les propose parce qu’elles nous mettent en vie. Parce qu’elles nous mettent en joie. Nous croyons que cette joie douce, profonde, souvent silencieuse, est un cap fiable. Un repère intérieur. Une source. Elle ne promet pas que tout sera facile. Mais elle promet que ce sera juste. Et si nous faisions le pari, ensemble, de la suivre un peu plus ?


Pour prolonger l’exploration

À voir

  • Captain Fantastic – Une ode à la liberté intérieure, et à la joie d’être soi, même hors des normes.
  • The Secret Life of Walter Mitty – Une fable moderne sur le courage d’oser et la poésie du réel.
  • Au nom de la terre – Une exploration sensible du vivant, et des joies simples à préserver.

À lire

  • La puissance de la joie – Frédéric Lenoir
  • The How of Happiness – Sonja Lyubomirsky
  • Les émotions, enquête et mode d’emploi – Ilios Kotsou
  • Biophilia – Edward O. Wilson (sur notre lien profond au vivant)

À écouter

  • Podcast « Émotions » (Louie Media) – Épisode sur la joie
  • Une méditation guidée : « Qu’est-ce qui me met en joie aujourd’hui ? »
  • Une playlist « joie douce » : voix légères, sons organiques, tempos qui respirent

À faire

  • Une balade sans but, juste en suivant ce qui vous attire
  • Une journée sans obligation : faire uniquement ce qui vous appelle
  • Danser, jouer, créer sans objectif. Juste pour la joie de le faire.

À noter dans votre carnet

« Qu’est-ce qui, aujourd’hui, m’a mis en joie, même très discrètement ? »
« Et si je faisais de la joie un critère pour orienter ma semaine, quels petits choix changerais-je ? »

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